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Dimanche après l'exaltation 2026

Après que Jésus eut annoncé sans détour à ses disciples la prophétie
de sa passion, à savoir : « Le Fils de l’homme devra beaucoup souffrir,
être rejeté par les scribes et, après avoir été mis à mort, ressusciter trois
jours plus tard », et que Pierre eut réagi avec véhémence en s’y
opposant, Jésus rassemble non seulement ses disciples, mais aussi la
foule. Les disciples et la foule.. Au moment où Jésus s’apprête à révéler
les exigences de la vie de disciple, il ne limite plus ses paroles aux
disciples, indiquant ainsi que chacun peut les considérer comme
s’adressant à lui. « Si quelqu’un [...] » : cela confirme que Jésus
s’adresse ici à tout le monde. « “Quiconque” peut être un compagnon de
Jésus à condition d’être prêt à renoncer à lui-même et à porter sa croix.
N’importe qui : tout le monde est un compagnon potentiel. « Quiconque
veut me suivre » Jésus pose ici de nouvelles exigences concernant la
vie de disciple et s’adresse aussi bien aux disciples, qui doivent
renouveler leur décision de le suivre, qu’à ceux qui ne le suivent pas
encore, afin qu’ils connaissent les exigences de cette vie de disciple. «
Si quelqu’un veut me suivre, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa
croix et qu’il me suive. » Tout d’abord, Jésus fait appel à notre liberté de
le suivre. Il s’agit d’une possibilité qui s’offre à nous : choisir de suivre
Jésus ou non. En d’autres termes : il s’agit désormais de vouloir vivre et
se comporter comme son disciple, de devenir un homme tel que Lui, le «
véritable homme », nous l’a montré par son exemple. « Se renier soi-
même », c’est renoncer à sa propre personne, à ses propres projets, à
sa propre volonté… On pourrait dire : je ne suis plus le centre de tout.
Ma volonté n’a pas toujours le dernier mot ; avoir raison n’est pas
toujours le plus important, mon confort n’est pas ma priorité absolue. «
Porter sa croix » Jésus ne dit pas « cherche une croix ». Elle surgit
parfois d’elle-même dans notre vie : maladie, vieillesse, déception,
exclusion, humiliation, mépris, relation difficile, moqueries, perte d’êtres
chers, le poids des responsabilités professionnelles, familiales ou
communautaires. On pourrait dire : renoncer à soi-même est l’attitude
intérieure ; porter sa croix est l’acte extérieur qui devrait accompagner
cette attitude intérieure. »
Après avoir posé ces deux exigences, Jésus revient à nouveau sur le
terme « suivre » : « […] et qu’il Me suive », soulignant ainsi que «
renoncer à soi-même » et « porter sa croix » sont deux conditions

indispensables pour Le suivre. Il n’y a pas d’autre moyen de vouloir
suivre Jésus que d’accepter ces deux conditions.
Jésus nous le dit encore plus clairement : « Car celui qui voudra sauver
sa vie la perdra, mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de
l’Évangile la sauvera. »Celui qui veut sauver sa vie la perdra ; celui qui la
perdra la sauvera. En d’autres termes : renoncer à soi-même et porter sa
croix, c’est perdre sa vie, mais c’est ainsi qu’on obtiendra la vraie vie :
vivre éternellement dans l’amour, en Dieu et avec Dieu. Ici aussi, Jésus
nous donne deux raisons de perdre sa vie ; il dit en effet : « à cause de
moi et de l’Évangile ». Perdre sa vie pour Jésus et pour l’Évangile, telle
est la spiritualité du Royaume de Dieu, pour laquelle nous prions chaque
jour. Jésus est lui-même la cause du chemin qu’il nous demande de
suivre. Nous le faisons pour lui, afin que chacun perde sa vie pour la
sauver. Il est également important pour nous de noter que Jésus ne dit
pas : « Celui qui perd sa vie sera sauvé », mais « Celui qui perd sa vie
la sauvera ». Ainsi, un disciple de Jésus – espérons-le, nous tous –
participe activement à son propre salut par l’engagement concret de sa
volonté. Le salut : devenir un véritable enfant de Dieu en suivant Jésus.
Enfin, Jésus élargit encore davantage le public visé par son discours. Il
nous invite à réfléchir : pourquoi vivons-nous ? « À quoi cela sert-il à un
homme de gagner le monde entier, s’il perd sa propre vie ? Et que peut
donner un homme en échange de sa propre vie ? L’auditeur n’est plus
seulement celui qui voudrait le suivre, mais tout être humain en quête de
la valeur ultime de sa vie. Question : quel est pour moi le véritable sens
de ma vie ? Après avoir interrogé chaque être humain sur la valeur de sa
vie, Jésus énonce le critère selon lequel chacun sera jugé : « Car
quiconque aura honte de Moi et de Mes paroles dans cette génération
adultère et pécheresse, le Fils de l’Homme aura aussi honte de lui,
lorsqu’Il viendra dans la gloire de Son Père avec les saints anges. » «
Moi et mes paroles » ! Il s’agit de la relation avec Jésus. La conduite de
l’homme ici-bas envers Jésus et ses paroles déterminera la conduite de
Jésus au moment de son avènement. Quiconque aura honte de Jésus,
Jésus aura également honte de lui. Il s’agit donc bel et bien d’une prise
de position publique à l’égard de Jésus. Plus encore que la souffrance
résultant de son attachement à Jésus, c’est l’engagement public en Sa
faveur qui constitue le critère ultime de la récompense du disciple. C’est
pour Jésus que le disciple devra souffrir, mais c’est aussi par Lui qu’il

obtiendra sa gloire. Puissions-nous pénétrer de plus en plus
profondément dans le cœur de Jésus afin de vivre notre humanité
comme Lui…