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6e dimanche après Pentecôte (calendrier orthodoxe)

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.

Chers frères et sœurs,

Dans les Évangiles, Jésus guérit de nombreuses personnes qui viennent à lui. La plupart de ces guérisons sont simplement mentionnées, sans détails. Mais certains épisodes retiennent davantage l’attention des évangélistes et apparaissent comme particulièrement significatifs.

La guérison du paralytique intervient juste après l’épisode des démoniaques dans le pays des Gadaréniens. Jésus est déjà connu comme prédicateur et comme thaumaturge. C’est pourquoi le paralytique est amené jusqu’à lui, et une foule se rassemble autour, en partie par curiosité.

La curiosité peut être une bonne disposition. Elle nous pousse à découvrir le monde, à lire, pour ainsi dire, le livre vivant du créateur. Elle nous aide à persévérer dans la recherche de la vérité. Mais il arrive que la curiosité soit mêlée d’orgueil. Nous nous intéressons alors à quelque chose en ayant déjà porté un jugement, en cherchant des raisons de confirmer ce jugement, voire de condamner. Dans ce cas, la curiosité devient méchante.

C’est probablement ce que montre le passage évangélique que nous avons entendu. Les scribes présents auprès de Jésus ne sont pas animés par un désir sincère de comprendre. Ils ont entendu parler de quelqu’un qui agit, qui guérit, et qui peut déranger. Ils viennent donc avec un esprit déjà fermé, et c’est pourquoi ils accusent Jésus de blasphème (cf. Mt 9,3). Leur regard est déjà un regard de jugement.

Pour nous, qui cherchons à suivre le Seigneur, il est essentiel d’éviter cet esprit de préjugement. Nous sommes appelés à venir avec un cœur ouvert, avec une curiosité purifiée, prêts à accueillir l’autre et à apprendre. Cela est parfois difficile, presque impossible, mais c’est nécessaire si nous voulons marcher dans la vérité. Car, selon la parole du Seigneur, « la vérité vous rendra libres » (Jn 8,32). Mais elle ne peut entrer dans un cœur fermé.

Nous vivons entourés d’informations multiples, souvent contradictoires, parfois trompeuses. Nous devons faire preuve de discernement, sans pour autant nous fermer au monde. Car nous sommes appelés à être le sel de la terre et la lumière du monde.

Dans chacune de nos actions, dans chacune de nos rencontres, dans chacune de nos paroles, le Christ, la vérité incarnée, doit être présent. Non pas d’abord par nos efforts, mais par notre ouverture et notre humilité. Il nous faut devenir transparents à sa lumière et à son amour pour le monde.

Essayons donc d’être là où il serait, afin qu’il soit avec nous et en nous.

Amen.

P. Archimandrite Athanase Bukin