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Exaltation de la Croix 2026

La simple mention de la Croix évoque la souffrance, et l'appellation contrastée de la fête de ce jour où il est question de Croix glorieuse, de Croix précieuse, de Croix vivifiante, et qui plus est, d'Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix ne manque pas d'interpeller.

Cette association est pourtant diffuse à travers tout le Nouveau Testament, notamment dans l'Évangile selon saint Jean et dans les épîtres de saint Paul, et sans doute aussi dans les premières communautés chrétiennes. Que l'on songe à l'hymne que saint Paul reprend au chapitre second de sa lettre aux Philippiens et qui chante l'exaltation au-dessus de tout de Celui qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort de la Croix (Ph 2, 6-11). On peut d'ailleurs s'étonner que cette hymne ne figure pas dans la liturgie de ce jour. Sa structure est manifestement fondée sur le schéma biblique de l'humiliation suivie de l'exaltation selon lequel un juste souffrant est récompensé par Dieu. Or le Juste par excellence, c'est bien le Christ, le Fils du Dieu vivant. Et l'on pense tout naturellement au Serviteur souffrant dont parle à plusieurs reprises le prophète Isaïe, lui qui « à la suite de l'épreuve endurée par son âme ... verra la lumière et sera comblé ... [et qui] justifiera les multitudes en s'accablant lui-même de leurs fautes » (Is 53, 11). 

On comprend dès lors que Jésus reprenne cette image du mouvement descendant et ascendant : « Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, afin que quiconque croit ait en lui la vie éternelle » (Jn 3, 13-14). Voilà qui justifie amplement l'usage que la liturgie, à la suite des Pères de l'Église, fait de cette image du serpent d'airain comme préfiguration du Christ en Croix puisque, comme les Hébreux trouvaient la guérison à leurs morsures de serpent en regardant le serpent d’airain, nous avons la vie en levant les yeux vers la Croix. L'iconographie use tout autant de cette image que, dans cette église dédiée à la Sainte Croix, vous pouvez voir à votre droite sur l'arc séparant le narthex de la nef. Et l'apôtre Jean de commenter au pied de la Croix, à l'instant où Jésus meurt : « Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé » (Jn 19, 37).

La gloire de la Croix. Alors que les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc présentent l'événement de la Transfiguration entre deux annonces de la Passion, et que Luc insiste même sur le fait que Jésus glorifié s'entretient avec Moïse et Élie de son départ à Jérusalem, c'est-à-dire de sa Passion prochaine, Jean qui ne parle pas de la Transfiguration, superpose la glorification de Jésus à sa passion. Témoin oculaire de l'horreur de la crucifixion, il n'en identifie pas moins la croix à la gloire selon les termes mêmes de Jésus s'adressant à son Père : « Voici venue l'heure où doit être glorifié le Fils de l'homme [...] Père, glorifie ton Nom. [...] Et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tout à moi » (Jn 12, 23. 28. 32). Et Jean de commenter : « Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir » (Jn 12, 33). Et plus tard, dans une ultime prière au jardin des Oliviers, le jardin de la Sainte Agonie, Jésus dira encore : « Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que fût le monde » (Jn 17, 5).

C'est là ce que nous fêtons aujourd'hui : le Christ crucifié et glorifié, et l'instrument par lequel il est crucifié et glorifé : la Croix douloureuse et glorieuse. En elle, se trouvent concentrées toutes les Béatitudes puisque quand Celui qui les accomplit toutes, le Christ, roi pacifique, doux et humble de coeur, est suspendu à la Croix, son côté ouvert laisse entrevoir le coeur de Dieu d'où jaillit l'amour qui sauve le monde et nous donne la vie en surabondance (cfr Jn 10, 10). Et l'on réalise pleinement que, selon les paroles du Fils bien-aimé, « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, l'Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16) 

Oui, la Croix douloureuse est bel et bien glorieuse, précieuse, vivifiante, et si comme le dit saint Paul, « le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent, ... pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Co 1, 18). C'est pourquoi nous pouvons dire, encore avec saint Paul : « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ » (Ga 6, 14) !            

La simple mention de la Croix évoque la souffrance, et l'appellation contrastée de la fête de ce jour où il est question de Croix glorieuse, de Croix précieuse, de Croix vivifiante, et qui plus est, d'Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix ne manque pas d'interpeller.

Cette association est pourtant diffuse à travers tout le Nouveau Testament, notamment dans l'Évangile selon saint Jean et dans les épîtres de saint Paul, et sans doute aussi dans les premières communautés chrétiennes. Que l'on songe à l'hymne que saint Paul reprend au chapitre second de sa lettre aux Philippiens et qui chante l'exaltation au-dessus de tout de Celui qui s'est fait obéissant jusqu'à la mort de la Croix (Ph 2, 6-11). On peut d'ailleurs s'étonner que cette hymne ne figure pas dans la liturgie de ce jour. Sa structure est manifestement fondée sur le schéma biblique de l'humiliation suivie de l'exaltation selon lequel un juste souffrant est récompensé par Dieu. Or le Juste par excellence, c'est bien le Christ, le Fils du Dieu vivant. Et l'on pense tout naturellement au Serviteur souffrant dont parle à plusieurs reprises le prophète Isaïe, lui qui « à la suite de l'épreuve endurée par son âme ... verra la lumière et sera comblé ... [et qui] justifiera les multitudes en s'accablant lui-même de leurs fautes » (Is 53, 11). 

On comprend dès lors que Jésus reprenne cette image du mouvement descendant et ascendant : « Nul n'est monté au ciel, hormis celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi faut-il que soit élevé le Fils de l'homme, afin que quiconque croit ait en lui la vie éternelle » (Jn 3, 13-14). Voilà qui justifie amplement l'usage que la liturgie, à la suite des Pères de l'Église, fait de cette image du serpent d'airain comme préfiguration du Christ en Croix puisque, comme les Hébreux trouvaient la guérison à leurs morsures de serpent en regardant le serpent d’airain, nous avons la vie en levant les yeux vers la Croix. L'iconographie use tout autant de cette image que, dans cette église dédiée à la Sainte Croix, vous pouvez voir à votre droite sur l'arc séparant le narthex de la nef. Et l'apôtre Jean de commenter au pied de la Croix, à l'instant où Jésus meurt : « Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé » (Jn 19, 37).

La gloire de la Croix. Alors que les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc présentent l'événement de la Transfiguration entre deux annonces de la Passion, et que Luc insiste même sur le fait que Jésus glorifié s'entretient avec Moïse et Élie de son départ à Jérusalem, c'est-à-dire de sa Passion prochaine, Jean qui ne parle pas de la Transfiguration, superpose la glorification de Jésus à sa passion. Témoin oculaire de l'horreur de la crucifixion, il n'en identifie pas moins la croix à la gloire selon les termes mêmes de Jésus s'adressant à son Père : « Voici venue l'heure où doit être glorifié le Fils de l'homme [...] Père, glorifie ton Nom. [...] Et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tout à moi » (Jn 12, 23. 28. 32). Et Jean de commenter : « Il signifiait par là de quelle mort il allait mourir » (Jn 12, 33). Et plus tard, dans une ultime prière au jardin des Oliviers, le jardin de la Sainte Agonie, Jésus dira encore : « Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que fût le monde » (Jn 17, 5).

C'est là ce que nous fêtons aujourd'hui : le Christ crucifié et glorifié, et l'instrument par lequel il est crucifié et glorifé : la Croix douloureuse et glorieuse. En elle, se trouvent concentrées toutes les Béatitudes puisque quand Celui qui les accomplit toutes, le Christ, roi pacifique, doux et humble de coeur, est suspendu à la Croix, son côté ouvert laisse entrevoir le coeur de Dieu d'où jaillit l'amour qui sauve le monde et nous donne la vie en surabondance (cfr Jn 10, 10). Et l'on réalise pleinement que, selon les paroles du Fils bien-aimé, « Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, l'Unique-Engendré, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3, 16) 

Oui, la Croix douloureuse est bel et bien glorieuse, précieuse, vivifiante, et si comme le dit saint Paul, « le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent, ... pour ceux qui se sauvent, pour nous, il est puissance de Dieu » (1 Co 1, 18). C'est pourquoi nous pouvons dire, encore avec saint Paul : « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ » (Ga 6, 14) !